
Le rayon de soleil
Petit prince d'un royaume enchanté
J'habite les palais, les hauteurs,
Les branches aux bouquets de féeries,
Les bois perdus aux calmes délices.
Par caprice des dieux je suis né
A l'ombre douce de la rose en fleur.
Pétillant d'audaces infinies,
Je frôle les fleurettes au fin calice.
Petit bonheur qui passe et répand
Dans le vent comme un parfum d'espace,
Je vais, je cours, je vole et chante,
Puis jaillis en de frais tourbillons.
Pâtre enfant qui danse dans le vent,
Rafraîchi de clarté et de grâce,
J'effleure la lèvre frémissante
Aux fantasques lueurs de mes rayons.
En frôlant de fugaces contours,
Je caresse la tige qui cède
Et ondule au gré de sa faiblesse,
Toute meurtrie de baisers brûlants.
Au bord des rivages tour à tour
Pailletant de lumière les flots tièdes,
Les ruisseaux aux guirlandes de liesse,
Je dors dans l'avalanche des torrents.
Et plonge parmi la forêt vive
Pour aller au fond du sortilège,
Enivré des parfums de mon rêve,
Je ruisselle sur la mousse endormie,
L'illusion éphémère et naïve,
Gazouillant doucement en arpège,
Fais chanter le silence et relève
Tout l'éclat de la rose assoupie.
Ainsi je me promène tout le jour,
Jaillissant sur fond de paysage,
Souriant aux fraîches matinées,
Transparent comme un reflet de ciel.
Répandant le lumière de l'amour,
Je m'en vais chantant au cours des âges,
Toujours chantant la limpidité,
La clarté de l'amour éternel.
©J.P.Appel
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Sacem